Publications

Ouvrages - Alain Didier Weil, psychanalyste et dramaturge

Freud et Vienne

Freud aurait-il inventé la psychanalyse s’il n’avait pas été viennois ?

Collectif sous la direction d’Alain Didier-Weill
Editions Erès

Freud, nous le savons, était amateur d’art, mais il était surtout intéressé par l’art du Quattrocento ou de l’Antiquité, sur lequel il s’est appuyé pour construire ses théories soit en le prenant comme modèle (Œdipe roi ou Hamlet) soit en l’utilisant comme support clinique (Léonard de Vinci, Signorelli). Comment ne pas être étonné qu’il ait ignoré une bonne part des productions artistiques de son époque ? Pourtant ses contemporains, peintres, poètes, écrivains, architectes, musiciens, traitaient des mêmes impasses de la construction subjective, des mêmes expressions du désir, des mêmes questions fondamentalement humaines…
Tous les auteurs réunis ici, psychanalystes, philosophes, historiens, éclairent, à leur manière, un pan de cette ignorance mutuelle entre Freud et la Vienne de son époque. Au-delà de la richesse de chacun des exposés, apparaît une lecture nouvelle et forte du rapport du sujet à son temps, et des impasses de la subjectivité dans le rapport à la culture, qui éclaire bien des avatars de notre modernité.

ISBN : 2-7492-0351-12 - septembre 2004 - 256 pages - Prix éditeur : 25 €


Quartier Lacan

Alain Didier-Weill avec Emil Weiss et Florence Gravas
Éditions "Champs" Flammarion

Plus de vingt ans après sa mort, le 9 septembre 1981, Jacques Lacan reste encore paradoxalement un personnage à découvrir. Très réticent face à ce qu’il appelait la « poubellication », il n’aimait guère rendre publics ses opinions, ses pensées et même son travail. Il n’a publié son célèbre recueil de textes, les Écrits, qu’à l’âge de soixante-cinq ans et ne se confiait que très rarement au-delà du cercle des intimes ou de ses disciples dans le milieu de la psychanalyse.
Comment commençait-on une analyse avec Lacan ? Que disait-il et comment agissait-il « en privé » ? Pourquoi son enseignement de la psychanalyse a-t-il tant fasciné ses auditeurs ? Pourquoi son rayonnement fut-il exceptionnel non seulement dans le champ de la « santé mentale » mais aussi dans celui de la pensée contemporaine, en France comme à l’étranger ? Ce grand théoricien, souvent réputé illisible, fut-il aussi un grand clinicien ?
À ces questions et à bien d’autres, les témoignages de treize psychanalystes d’origines très différentes, qui furent, pour certains dès l’après-guerre, des membres de son entourage immédiat, et quasiment tous en cure ou en « contrôle » sur le divan de la rue de Lille, fournissent autant de réponses. Ces propos très libres, souvent « intimes », à l’occasion critiques, apportent un éclairage original sur un personnage d’exception. Ils ont été suscités par Alain Didier-Weill qui a eu avec Lacan l’expérience d’un dialogue analytique privé et public dans le cadre de son Séminaire.

ISBN : 2-08-080108-2 - septembre 2004 - 265 pages - Prix éditeur : 8,19 €


Mémoires de Satan

Essai sur la manière de bien faire le Mal et de mal faire le Bien
Flammarion

"T’es-tu jamais demandé pourquoi tu m’avais sorti du néant, moi, Lucifer, ton ange de lumière ? Eh bien, je prétends, moi, que tu ne sais pas ce que tu as fait en me créant. Après le coup du Fiax lux, tu pensais avoir répandu sur ta planète une petite lumière qui allait dispenser aux hommes une vérité qui les rendrait sages et sérieux comme des papes… Tu n’as pas soupçonné un seul instant que cette lumière révèlerait tout ce qu’il y a de tordu dans ta Création et que ça me ferait hurler de rire pour l’éternité !
C’est bien joli d’être un créateur, ça l’est moins d’être un créateur qui laisse croire aux créatures qu’il a su ce qu’il faisait en les créant. Or, tu le sais très bien, Seigneur, s’il y en a un qui t’a pris la main dans le sac, un qui t’a pris en flagrant délit de mensonge, c’est moi.
Évidemment, personne jusqu’à ce que je me décide enfin à publier mes Mémoires ne pouvait savoir que je te suis un jour devenu impardonnable parce qu’en vérité j’étais le seul à connaître ton secret de fabrication. Et depuis lors, mon seul but, mon désir à jamais insatisfait, mon régal infini, a consisté à te faire souffrir…
Pourtant, aujourd’hui, je t’interpelle : ne vois-tu pas que nos destins sont liés ? Ne vois-tu pas que l’homme ne se fie plus à toi et n’a plus besoin de moi pour faire le Mal ?".

ISBN :  2-08-210346-3 - avril 2004 - 163 pages - Prix éditeur : 18 €


Lila et la lumière de Vermeer
Ce livre a reçu le prix oedipe 2004

La psychanalyse à l’école des artistes
"L’espace analytique" Denoël

Face au musicien qui sait faire entendre l’inouï avec une simple note, au peintre qui sait montrer l’invisible avec une tache de couleur, au danseur
qui sait figurer l’impondérable avec un pas de deux, comment, surtout pour un psychanalyste, ne pas poser et se poser des questions ? Quel est le secret de ces artistes ? Que nous font-ils réellement voir et entendre ? Que disent-ils sur la propension des hommes à choisir, comme en témoignent leurs symptômes, de rester si sourds, si aveugles, si pesants ? Et que nous incitent-ils, par là même, à reformuler du savoir psychanalytique ?
Partant d’un cas, celui d’une musicienne venue à l’analyse, Alain Didier-Weill explore dans cet ouvrage, à travers plusieurs textes, divers aspects de la relation entre psychanalyse et art. Et il en tire des enseignements qui concernent tant la clinique que la pratique et la théorie psychanalytiques.

ISBN : 2-207-25439-9 - février 2003 - 174 pages - Prix éditeur :18 e


Invocations

Dionysos, Moïse, saint Paul et Freud
Calmann-Lévy

La vocation à devenir humain nous est, à l’origine, transmise par une voix. Cette « sonate maternelle » est reçue par le petit enfant comme un guide intérieur qui le destine à la parole, et, ainsi, à l’altérité. L’hypothèse qu’une telle pulsion invoquante existe est décisive, car elle nous permet de penser autrement les rapports entre loi et désir, pulsion de vie et pulsion de mort, création et mélancolie.
Avec audace, Alain Didier-Weill nous invite à réfléchir, parmi d’autres questions, à l’étrange surdité de Freud à l’égard de la musique, en particulier dans la tragédie grecque dont il méconnaît la figure centrale, Dionysos. Deux brèves études sur Moïse et saint Paul interviennent en contrepoint de cette méditation autour de l’énigme que constitue la voix maternelle.
Entre la vocation dans laquelle s’engage une parole en quête de sens et l’invocation qui l’anime quand elle est guidée par le son, y a-t-il conjonction ou rencontre impossible ? Par cette question sont abordés les liens de la psychanalyse avec le triple héritage grec, chrétien et biblique.

ISBN : 2-7021-2863-7 - avril 1998 - 178 pages - Prix éditeur : 12,50 €


Les trois temps de la loi

Edition du Seuil

Qu'y a-t-il dans la parole de tellement redoutable que, si souvent, l'homme choisit de l'accepter pour la faire bavarder plutôt que de la faire parler ?
Une certaine épreuve à laquelle il peut vouloir se soustraire : que découvre-t-il, en effet, à l'instant où il recueille cette parole qui lui a, semble-t-il, été donnée gratuitement ? Que cette parole, avec laquelle il croyait innocemment parler, se met à lui poser cette question sidérante qui l'arrache à toute innocence possible : "Es-tu justifié de parler ? »
L'homme se soustraira-t-il à cette question en se réfugiant dans la normalité - quitte à payer cette fuite par un symptôme - ou la prendra-t-il en charge en lui répondant par une métaphore créatrice : si sa réponse fait entendre ce qu'il a d'inouï elle sera musique, si elle fait voir ce qu'il a d'invisible elle sera peinture, si elle montre ce qu'il a d'immatériel elle sera danse.
Pourquoi la production d'un tel instant créateur est-elle si difficile ? Le sujet aussitôt questionné par l'appel sidérant à devenir, reçoit dans le même temps une étrange injonction - celle du Surmoi - à demeurer immobile sous la fixité du mauvais oeil.
La question de cette division entre le commandement sidérant et l'injonction surmoïque a été, entre Lacan et l'auteur, l'objet d'un dialogue privé que Lacan a rendu public dans ses derniers Séminaires.

ISBN : 2-02-023168-9 • novembre 1995 • 368 pages


Vienne 1913

Les Carnets de la psychanalyse

Imaginer l’improbable rencontre entre Freud et le jeune Adolf Hitler. C’est l’occasion de cerner, dans une histoire fantastique, les rapports entre la psychanalyse et l’antisémitisme. Ce qui est saisissant, c’est que ce drame historique imaginaire aborde avec finesse et sans aucune caricature, les sources du racisme sur le mode d’une lucidité ironique, amère et sans détour propre au théâtre d’Alain Didier-Weill.
On peut à juste titre parler d’un « théâtre de la cruauté » qui aborde une réalité effroyable avec cette respectueuse distance que rend possible une pratique de l’humour que je n’hésite pas à qualifier de profondément éthique.
Jean Florence (extraits de « Voix mêlées »,
in Les carnets de la psychanalyse, n°13/14)

ISSN 1167-3893 • 2003 108 pages
Prix éditeur : 12 €