Peau

Science : une peau artificielle pour les pathologies cutanées

Audrey Brugnoli, doctorante en design et santé au sein du laboratoire de recherche « Sciences arts création » de l’université Paris sciences et lettres, a pour projet de développer de la peau artificielle sensible en silicone pour restaurer le toucher et faciliter le quotidien des personnes qui ont en besoin. Ce projet innovant nommé « Peaux éthiques » sera financé en partie par l’institut Imagine pendant deux ans.  Pour la chercheuse, la peau représente la première barrière entre le dedans et le dehors, entre ce qui nous appartient et ce avec quoi on interagit. Le projet dans son ensemble a pu être présenté lors de la journée mondiale de la peau en septembre.

Un rejet sociétal

Pour le moment, les patients bénéficient seulement de dispositifs médicaux qui ont pour objectif d’aider à la cicatrisation, de prévenir de nouvelles blessures, à réduire une dilatation veineuse ou à assurer un drainage lymphatique. Les patients n’ont pas d’autres traitements disponibles alors qu’ils sont à la recherche du développement médical, certes, mais aussi d’une certaine sensorialité. Bien que de nombreuses crèmes existent pour aider durablement au quotidien la peau et se montrent particulièrement efficaces, comme celles à base d’huile de pépins de figue de barbarie, elles ne sont pas suffisantes dans le cadre de pathologies sévères.

Le fait d’être privé d’un des cinq sens cause aussi en partie une certaine exclusion vis-à-vis de la société. Les bandes de contentions, les collants, les pansements sont particulièrement voyants et poussent le monde extérieur à ne pas communiquer avec eux. C’est contre cette stigmatisation que la chercheuse souhaite lutter à l’aide de son projet de recherche. Le quotidien peut devenir vite compliqué, d’autant plus que ces traitements lourds peuvent vite entraver la motricité et être mal supporté par plusieurs patients.

Apporter une dignité aux personnes en souffrance

Ce projet de recherche a non seulement pour but de restaurer des besoins primordiaux aux personnes, mais aussi de leur apporter la beauté qu’il mérite. Beaucoup plus esthétique, ce projet de peau artificielle devrait permettre à ceux en difficulté de s’intégrer en société, sans risquer les coups d’œils malvenus ou les remarques désagréables.

Au-delà de cet aspect, c’est aussi un confort qu’ils gagneront. Ils pourront acquérir davantage d’autonomie car ils seront capables de réellement ressentir un contact physique dans leur environnement et aussi avec leurs proches. Audrey Brugnoli souhaite repenser toute la chaîne de guérison, en intégrant non pas seulement le côté médical strict, mais aussi l’aspect individuel de chacun qui se retrouve confronté à la maladie et aux traitements.

Le projet va se dérouler en plusieurs étapes. D’abord, les chercheurs vont se pencher sur six patients, divisés en deux groupes. Le premier sera atteint du syndrome de Cloves et le second de fragilité cutanée. Les perceptions et les sensations de chacun seront analysées afin de faire évoluer les recherches. Dans un deuxième temps, ce sera le moment de l’essai clinique où les secondes peaux seront testées. C’est enfin l’avis des patients qui sera mis en avant, la chercheuse imaginant même adapter chaque peau à la couleur de peau ou la texture de chacun L’objectif final étant de déployer ce produit médical à grande échelle et de l’adapter à de multiples autres pathologies cutanées.

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