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Journal des psychologues - avril 2014


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Le conseil de l'ordre pouvait-ilencore nous surprendre ?


Sans conteste oui, avec cette décision récente d'interdire l'exercice de lamédecine à deux médecins retraités (ça nes'invente pas) qui avaient, il y a deux ans, pris la liberté d'écrire un ouvrage sur l'usage et l'efficacité de quatre mille médicaments. Et le conseil de l'ordre de s'indigner devant ce « crime » : on ne peut pas risquer demettre en cause ses confrères spécialistes, quelle qu'en soit la raison. Certes, remettre en doute la toute-puissance de certains médecins, dont on connaît l'indépendance toute relative vis-à-vis des laboratoires, fait figure de provocation. Une telle attaque à la « confraternité » est, bien entendu, inacceptable. En revanche, quand des médecins, en exercice eux, usent de leur liberté de parole et de publication pour vanter les mérites de leur régime miracle ou les préceptes de leurs psychothérapies de bazar pour mieux ensuite remplir leurs salles de conférences ou organismes de formation, là, silence radio. Des modèles non validés - voire invalidés - fleurissent et envahissent les têtes de gondoles, les rubriques « santé » ou autres articles beauté-bien-être des magazines de nos confrères, mais, ici, sous couvert d'une pseudo‑compétence médicale, tout est permis. Alors que, depuis quelques années, des débats agitent nos organisations professionnelles qui se questionnent sur la légitimité et la pertinence ou nonde la création d'un ordre des psychologues, qu'il en porte le nom ou pas, quand bon nombre de psychologues réclamentle remboursement par la Sécurité socialede leurs consultations avec la difficultéde proposer un modèle de fonctionnement qui nous soit propre et n'accroisse pas notre dépendance à la sphère médicale, tout cela en ordre dispersé *, quand la profession de psychologue reste parmi les professionsles plus précaires à niveau d'étude équivalent, la question reste légitime : Avoir un ordre ou une instance de régulationdes pratiques, pourquoi pas. Obtenir le remboursement de ce qui serait en risque de devenir aussi « des actes » et ouvrir ainsi les possibilités d'accès à un psychologue, à repenser. Mais pousser l'identification jusqu'à se sentir autorisés à faire, nous aussi, n'importe quoi, attirés par les sirènes de la clientèle et sous prétexte d'un titre et d'une légitimation, cela reste à voir. Et la question mérite d'être bien posée avant d'y répondre. ◗ Avec ou sans ordonnance ?