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Congrès: Session des psychologues cliniciens, psychanalystes, psychosomaticiens et psychiatres


46ème Congrès Société Française de Stomatologie et de Chirurgie Maxillo-Faciale
Session des psychologues cliniciens, psychanalystes, psychosomaticiens et psychiatres
Unité de Psychologie clinique, Psychanalyse, Psychosomatique et Psychiatrie
Responsable: DrH. GUILYARDI Programme

 


Samedi 2 Octobre 2010 de 11h à 13h
Session des psychologues cliniciens, psychanalystes, psychosomaticiens et psychiatres
Présentation générale
Houchang GUILYARDI, Psychanalyste, Psychiatre des Hôpitaux
Unité de Psychologie clinique, Psychanalyse, Psychosomatique et Psychiatrie
Service de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale
Hôpital de la Salpêtrière, Paris
Université Pierre et Marie Curie, Paris VI

Peu nombreux sont les stomatologistes, ou les services de stomatologie et chirurgie maxillofaciale  qui travaillent régulièrement avec des psychologues, psychiatres ou encore avec des  psychanalystes. Quelques fois sporadiquement, parfois jamais... Pourtant la nécessité d'un abord, d'une aide, d'un soutien psychique est évoquée de manière récurrente, presque incantatoire. Mais qui sont-ils ? Que font-ils ? Esotériques, inefficaces ? Méconnaissances...

L'expérience de plus de 20 années de travail commun dans le service de Chirurgie maxillofaciale et stomatologie de la Pitié-Salpêtrière, avec une équipe à la présence quotidienne, progressivement étoffée, organisée, diversifiée, jusqu'à être désormais composée de plus de quinze acteurs : psychologues cliniciens, psychanalystes, psychiatre, étudiants... a montré les précieux services qu'elle peut rendre, aux patients, aux médecins, chirurgiens, et équipes soignantes, ainsi qu'aux familles, de manière sensible et parfois vitale.

L'insertion d'une telle équipe dans un cadre clinique concret et en lien constant avec tous les acteurs de l'engagement médical, avec ses situations douloureuses, dégradantes, facilite et allège le travail, permettant son efficacité, évitant les pertes de temps et certaines erreurs de diagnostic.

Douleurs, dépressions, cancers, suicides, agressions, angoisse immobilisante, dysmorphoses, phobies, etc... adressés ou signalés par les patients, leurs proches, et tout membre des équipes, problèmes institutionnels, désarroi des soignants... la liste des possibilités et nécessités est longue. Lors de cette session, plusieurs membres de l'équipe présenteront des exemples d'interventions cliniques, un bref aperçu du travail effectué derrière le décor, le rideau du héâtre des signes et des symptômes, afin de permettre mise en perspective et ouvertures.

 

 

"Le trauma balistique, d'un trauma... à l'autre"
Réflexions cliniques autour des tentatives de suicides par arme à feu et du délabrement facial.
Véronique MIALOT, Psychologue clinicienne

Une scène traumatique peut-être vécue de manière passive par un sujet qui ne parvient pas à la comprendre et à l'intégrer dans son histoire. C'est dans l'après-coup, à l'occasion d'un nouveau traumatisme que cette scène initiale peut parfois prendre sa valeur traumatique, être historicisée et reconnue comme telle par le sujet. Chez certains patients, le trauma balistique permet à ce trauma psychique de s'inscrire physiquement, la destruction du visage ouvrant les voies d'une possible reconstruction identitaire.

 

"Symptôme "psychosomatique" et demande de soins médicaux",
Comment l'entendre ? Comment y répondre ? Quand écouter c'est agir : illustrations cliniques.
Emmanuelle DELFORGE, Psychanalyste

 

"De bouche à oreille"
Agnès DUTHOIT, Psychanalyste
Médecin, psychanalyste, sommes convoqués par le patient en souffrance à ce carrefour aérodigestif que constitue la bouche. Qu'est-ce qu'une bouche lorsqu'il n'y a pas de réponse universelle de la douleur à un symptôme ? Expériences cliniques.

 

"A propos d'une légère dysplasie"
Quand le délai du diagnostic ne compromet pas un bon pronostic. Clinique oncologique.
Michèle NEY, Psychanalyste
Accueil d'une jeune patiente, là où l'angoisse de la maladie "alimente" l'angoisse existentielle et pose la question du devenir.

 

"Ma langue ne pense qu'à ça"
Martine DOMBROSKY, Psychanalyste

A partir de vignettes cliniques (glosso-stomatodynies) et au plus près des maux énoncés par les patients, comme si la solution à ce douloureux mystère se trouvait là.

 

"La prise en charge de patients atteints de cancer"
Les enjeux de la relation médecin-malade : l'importance des notions d'information, d'écoute et de temps.
Lidia STEVANATO, Psychologue clinicienne

L'annonce de la maladie et du traitement implique chez le patient un travail de deuil et des réaménagements psychiques. La compliance passera nécessairement par la prise en compte du vécu du patient... et un véritable travail d'équipe.

 

"Atteintes narcissiques et monstruosité faciale"
Un cas clinique illustre la manière dont le sujet met en mots son histoire au cours de la psychothérapie et évolue vers une acceptation de son visage.
Caroline DEMEULE, Docteur en Psychologie clinique et Psychanalyse - Psychologue clinicienne

Lorsque le visage est gravement malformé, le sujet est réduit à faire figure de monstre. La souffrance narcissique peut le conduire à adresser aux soignants d'incessantes demandes de chirurgie « miraculeuse ». Le travail de reconstruction psychique permet d'aborder la reconstruction physique avec des attentes plus réalistes. Parallèlement à la prise en charge chirurgicale, l'accompagnement psychologique amène ainsi le patient à sortir de la monstruosité pour retrouver son statut de sujet.

 

"Immotus : entre trauma et symptôme"
Quelques considérations sur un entretien clinique.
Paolo LOLLO, Psychanalyste

L'ablation d'une partie de la mâchoire gauche et le creux au coeur du visage n'empêchent pas monsieur Jean de sortir de sa réserve et de parler librement. Ses mots font ressurgir de l'oubli des scènes traumatiques restées longtemps enclavées et silencieuses. Le patient retrouve, avec sa parole singulière, des affects tenus longtemps à l'écart, bloqués, figés, immobiles.

 

Importance de l'accompagnement psychologique des patients en chirurgie orthognathique
F. MAGNARD, P. BOULETREAU

Introduction : La chirurgie orthognathique entraîne des modifications esthétiques et fonctionnelles qui peuvent être considérables. Ces modifications ont des conséquences importantes sur la vie psychique du patient et plus précisément sur son sentiment identitaire dont  le visage joue un rôle de support. Plusieurs cas de décompensation (trouble de épersonnalisation, décompensation dépressive ou psychotique) ont d'ailleurs été observés en postopératoire.

Observations : Depuis septembre 2007, pour prévenir ces mécanismes de décompensation, un accompagnement psychologique des patients candidats à une chirurgie orthognathique a été mis en place à l'hôpital Lyon Sud.
Une psychologue participe ainsi aux consultations pré-chirurgicales dans le but d'évaluer la préparation psychologique des patients à la chirurgie. Cette évaluation se base sur une analyse clinique des comportements du patient en consultation et s'assortit dans les cas plus complexes d'une étude plus poussée du fonctionnement du patient par des entretiens cliniques et/ou des tests de personnalité (Rorschach, TAT).

Pour les patients les plus fragiles, un suivi psychologique en préopératoire permet de les soutenir dans leur construction identitaire, avec parfois la nécessité de repousser la date opératoire. Ce suivi consiste à préparer le patient au changement de visage, à le guider dans la préparation de son hospitalisation et de sa convalescence et à mettre du sens sur sa chirurgie afin que le patient s'approprie la demande d'intervention.

Discussion : La question de la place du psychologue dans les services de chirurgie maxillofaciale se pose clairement, sa présence devrait-elle être systématisée ? Nous réfléchissons actuellement aux bénéfices du passage du psychologue durant l'hospitalisation de chaque patient, l'objectif étant de proposer au patient un soutien, une écoute et surtout un éclairage sur les étapes qu'il est amené à traverser durant sa convalescence. Enfin, nous pouvons nous interroger sur l'intérêt du développement de cet accompagnement psychologique pour toute chirurgie qui modifie notablement la face, tant l'altération et/ou la modification de la face sont liées aux aspects identitaires.

Key-words : psychology, identity crises, Orthognathic Surgical Procedures
Mots clés : psychologie, identité, chirurgie orthognathique