Insistance
Art, Psychanalyse, Politique

Psychanalyse, le politique et le désir X


La levée de la censure et le paradoxe des Lumières Freud, tout en s’avérant méfiant envers le sens unifiant, homogénéisant que la psychanalyse tend à donner du réel, confessait toutefois une admiration absolue envers les philosophes des Lumières...


Alain Didier-Weill
10/10/2005

LA PSYCHANALYSE ET LES LUMIÈRES

La levée de la censure et le paradoxe des Lumières Freud, tout en s’avérant méfiant envers le sens unifiant, homogénéisant que la psychanalyse tend à donner du réel, confessait toutefois une admiration absolue envers les philosophes des Lumières. Tempérant une telle admiration par sa réserve envers la science, Lacan situe lui aussi, sans hésitation, la psychanalyse au sein de ce grand mouvement issu de la Renaissance européenne. Lorsqu’il évoque « les » hommes des Lumières, Freud nous étonne car il ne se réfère jamais à l’un d’entre eux en particulier. Nous pouvons le regretter car, pour mieux comprendre la structure de son propre athéisme il aurait été intéressant de savoir comment il se situait par rapport à l’athéisme de D’Holbach, à l’agnosticisme de Diderot, au théisme de Voltaire. Je suppose que s’il fut ainsi conduit à évoquer « les hommes » des Lumières en général c’est qu’ils symbolisaient pour lui l’acte de rébellion contre la censure qu’il eut lui-même à soutenir contre le milieu viennois. Dans cette adhésion à l’esprit des lumières, Freud, en choisissant de ne pas prendre en compte le conflit qui, à travers Rousseau, déchira les Encyclopédistes laisse dans l’ombre une ambiguïté : le fait de dire courageusement « non » au « non » de la censure est-il l’équivalent de dire « oui » au réel ?

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