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Traversée de l'écriture tragi-comique d'Alain Didier-Weill, au DANSOIR K. SAPORTA, à Paris


A l'occasion de la publication de la totalité des œuvres théâtrales d'Alain Didier-Weill, une lecture d'extraits des ses pièces sera proposée, en sa présence, par les membres d'Insistance. Pour l'occasion la mise en espace est réalisée par Fabienne Ankaoua. La lecture sera suivie par une signature organisée par les éditions des crépuscules

Au DANSOIR de KARINE SAPORTA, Quai François Mauriac 75013 Paris - Tél. : 01.44.24.80.65

 

 
lieu : Paris - Au DANSOIR de KARINE SAPORTA

31 janvier 2010 à 15h00

 Protagonistes: ROBERT, TEDDY, EDOUARD, PEGGY, LUCILE, JIMMY, O'MURSY, O'DONNEL, ADOLF, HUGO, MOLLY, FREUD, EINSTEN, LUI, ELLE, SOCRATE, ANTIGONE, DIONISOS, SATAN...

Mise en espace de Fabienne Ankaoua
 
Avec les membres d' Insistance: Gérard Albisson, Catherine Barbier, Hervé Bernard, Dominique Bertrand, Jean Daviot, Marc Bonnet, Catherine Fava-D'Auvergne, Philippe Krejsbich, Paolo Lollo, Michel Malandrin, Mitchélée, Harold Rive-Decaillot, Axelle du Rouret-Didier-Weill

Le 31 Janvier à 15h00

Renseignements / Réservations :Tel.:01 48 07 00 17 email: dansoir@karinesaporta.com;

 

Site:ledansoir.saporta-danse.comOuverture :Pour acheter vos places au Dansoir, la location est ouverte du lundi au vendredide 15h à 20h, le samedi de 15h30 à 20h30 et le dimanche de 12h30 à 17h30. Possibilité de goûter, bruncher ou dîner avant et après les spectacles.

 

Accès au Dansoir: Tolbiac BibliothèqueEntre les tours T3 et T4 de la BnF côté avenue de France, au niveau du cinéma MK2Parking :Tolbiac Bibliothèque ou Vincent AuriolMétro: Ligne 14 et RER C Bibliothèque F. Mitterrand Métro: Ligne 6 - Quai de la gare

 

Extraits  des deux pièces:

 

HISTOIRES DE LA PENSÉE DES DROITS DE L'HOMME

SÉQUENCE II- METTEUR EN SCÈNE, AUTEUR, SOCRATE, ANTIGONE

METTEUR EN SCÈNE: L'idée d'une loi naturelle c'est très fort, il faut qu'on garde ça.

AUTEUR: Oui et non... il manque quelque chose.

METTEUR EN SCÈNE: Quoi?

AUTEUR: La loi naturelle ça m'inquiète un peu, ça peut donner le pire: les nazis ont fait appel à elle, ils ont pris la nature, la race naturelle, et ils ont rejeté les droits naturels dès qu'ils ont eu le pouvoir.

METTEUR EN SCÈNE: Ce que vous dites c'est qu'il faut trouver le moyen de dire comment l'idée de droit naturel est apparue après la découverte de la nature?

AUTEUR: Oui, et je crois qu'on est obligé de passer par Socrate.

METTEUR EN SCÈNE: Est-ce Socrate ou Antigone qui a inventé le droit naturel.

AUTEUR: Étaient-ils d'accord entre eux sur cette question?

METTEUR EN SCÈNE: Si on les faisait parler? Qui fait Antigone? qui fait Socrate?

Entrée de Socrate.

SOCRATE: Te voilà jeune fille, j'ai entendu parler de tes soucis.

ANTIGONE: Moi aussi Socrate: j'ai entendu dire qu'on te fait un procès et qu'il est question de te condamner à mort.

SOCRATE: Il paraît que Créon menace de t'enfermer si tu ne te soumets pas.

ANTIGONE: Crois-tu que je vais me soumettre? Que je sois comme toi?

SOCRATE: Tu auras entendu dire que j'accepte la sentence du tribunal et que je ne me révolte pas.

ANTIGONE: Tout le monde en parle, tes élèves Platon, Xénophon sont consternés.

SOCRATE: Consternés par quoi?

ANTIGONE: L'injustice de la sentence! Mais aussi par le fait que tu l'acceptes, que tu décides de ne pas t'évader. Avoue Socrate qu'il y a de quoi s'étonner de voir un homme qui passe pour un amant de la justice, incapable de s'indigner courageusement contre des lois qui trahissent la justice.

SOCRATE: Serais-tu beaucoup plus courageuse que moi, Antigone?

ANTIGONE: Je ne sais pas si tu persifles ou si ta question est sincère. Mais si tu veux le savoir, oui, je suis indignée par le décret de Créon et par le fait qu'il n'y ait pas de loi écrite prescrivant que tout homme, fut-il criminel comme mon frère, a droit à une sépulture.

SOCRATE: Tu veux donc écrire une nouvelle loi?

ANTIGONE: Ne plaisante pas Socrate, je sais que tu n'aimes pas l'idée qu'une loi non écrite puisse prévaloir sur le nomos mais sois honnête: penses-tu, comme Créon, que je doive être condamnée parce que j'invoque la phusis, une loi non écrite voulue par les dieux, au nom de laquelle je prétends que la dépouille de mon frère a le droit d'être ensevelie .

SOCRATE: Jeune fille j'aime ta colère car elle est au service de la vérité, aussi vais-je te faire une confidence: je ne m'indigne peut-être pas comme toi contre les lois, mais je partage quelque chose avec toi: en choisissant d'obéir à un dieu plutôt qu'à mes juges. Sache qu'ils m'ont proposé de m'acquitter si je renonçais à mon enseignement, et que j'ai refusé leur proposition. Je préfère obéir à Apollon qui, par l'oracle de Delphes m'enjoint de philosopher et d'exhorter mes concitoyens. Le savais-tu?

ANTIGONE: Non.

SOCRATE: Qu'en penses-tu?

ANTIGONE: Que tu es un homme étrange Socrate! Tu choisis d'obéir et aux dieux et aux hommes? ...

Mémoires de Satan d'Alain Didier-Weill
Essai sur la manière de bien faire le Mal et de mal faire le Bien
Flammarion

SATANSATAN : T'entends Seigneur elle a pigé ! Tu te rappelle comment ça s'est passé ? Rien ne pouvait arrêter mon fou rire, surtout pas ton air ébahi, jusqu'au moment où le poids du péché à commencer à peser. Mes membres angéliques se mirent, chose incroyable, à acquérir du poids comme si, la terre m'instruisait de ce que la loi de sa pesanteur devenait désormais maîtresse de moi. J'eus un moment de terreur car rien ne me préparait à affronter cette métamorphose. J'en tombais à genoux, puis à plat ventre, comme un vulgaire serpent plaqué au sol par la pression terrestre. Je te regardais, terrifié, Seigneur me tendre une main secourable car, à côté de moi, l'abîme ténébreux, qu'il avait créé, le premier jour, s'apprêtait à m'engloutir. Tu te rappelles le regard qu'on a échangé pendant cet instant vertigineux où tu me tenais pour que je ne tombe pas dans l'abîme ? J'avais peur ! Jamais je n'oublierai l'angoisse qui m'a assaillit lorsque, pendant une fraction de seconde, ma main a glissé d'un millimètre dans la tienne et que j'ai vu cette inquiétude dans ton regard. Tu sentais visiblement que la force de ta main ne suffisait plus à me retenir pour m'empêcher de chuter. « Bon dieu fais quelque chose ! » Ce fut la première et la dernière fois que j'en appelais à ta bonté. Pourquoi la force de ta poigne était-elle moins puissante que...