Pulsion invocante et destins de la voix
Invocation. Les psychanalystes abordent peu la question de la pulsion invocante. Cela peut paraître d'autant plus étonnant que c'est essentiellement avec elle qu'ils ont à travailler dans le secret de leurs cabinets.
Invocante - ou vociférante, parfois - : ainsi l'a nommée Lacan, qui se trouve être le premier à l'avoir repérée et isolée en tant que pulsion. Invocare, en latin, renvoie à l'appel. Le circuit de la pulsion invocante se déclinera doncentre un "être appelé", "se faire appeler" (à l'occasion de tous les noms...), "appeler".Mais pour appeler, il faut donner de la voix, la déposer comme on dépose le regard devant un tableau [1, p.93]. Pour cela, il faut que le sujet l'ait reçue de l'Autre, qui aura répondu au cri qu'il aura interprété comme une demande, puis l'ait oubliée afin de pouvoir disposer de sa voix sans se trouver encombrer de celle de l'Autre.
Jean-Michel VIVES Maître de Conférences, Université de Nice-Sophia AntipolisPsychanalyste, 95 rue Victor Esclangon 83000 Toulon.

