Infirmière

Covid-19 : des infirmiers français débordés et découragés

L’Ordre national des infirmiers vient de dévoiler les résultats d’une étude qui inquiète : 43 % des infirmiers interrogés disent ne pas savoir s’ils feront encore ce métier dans cinq ans. Alors que le nombre d’hospitalisations est reparti à la hausse, le personnel soignant n’arrive plus à suivre le rythme, en plus de ne pas se sentir pris en considération.

Un personnel médical épuisé

Dans les hôpitaux publics, les infirmiers et les infirmières souffrent en silence. L’enquête menée du 2 au 7 octobre par l’ONI dresse un constat alarmant : 57 % d’entre eux affirment ne pas avoir le temps de prendre en charge correctement leurs patients, et un peu plus de 30 % constatent qu’ils sont en effectifs beaucoup trop réduit par rapport à la normale. D’autant que depuis l’été, la multiplication des tests PCR mobilise beaucoup de monde. Le sentiment d’épuisement, aussi bien physique que moral, a quasiment doublé en quatre mois : il touchait près de 30 % des infirmiers lors de la précédente étude au printemps, il en concerne désormais 57 %.

Le personnel médical se retrouve à affronter des vagues de patients ce qui entraîne des conditions de travail dégradées, des tâches qui dépassent leurs domaines de compétences, des horaires qui ne cessent de s’étendre, tout ça en étant trop peu nombreux face aux demandes et portés à risque d’être contaminé par le coronavirus.

Le gouvernement a mis en place des mesures sanitaires strictes, avec notamment l’achat de nouveaux équipements de protection individuelle mais depuis fin septembre, les établissements hospitaliers et médico-sociaux doivent anticiper leur propre approvisionnement de leur côté et acheter une combinaison jetable, un masque, une sur blouse, un tablier, des lunettes, une charlotte pour protéger chacun de leur infirmier et infirmière. Malgré ça, des chiffres collectés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent que 14% des cas du coronavirus dans le monde concernent des soignants.

Un métier trop dévalorisé pour séduire

Les CHU, malgré de grosses difficultés de ressources, tentent aussi de recruter des infirmiers et des aides-soignants dans tous les services, et non pas uniquement pour la réanimation. Mais depuis quelques années, ce sont des métiers qui ne séduisent plus à cause de conditions de travail très complexes, des salaires trop bas et l’accumulation de contrats précaires. Pourtant, chaque infirmier et aide-soignant produit un travail acharné, certains allant même faire du bénévolat sur leur temps de repos en réalisant des tests PCR, comme à la Ferté-Gaucher (Île-de-France) par exemple.

Pour Patrick Chamboredon, président de l’ONI, cette enquête montre que l’annonce du Ségur de la Santé n’a rien changé : même s’il reconnaît un réel effort financier, les mesures prises ne suffiront pas à régler la désaffection du métier qui s’installe depuis déjà plusieurs mois. Pour le syndicat, il est important, qu’à court terme, le personnel puisse prendre des congés, que le management soit moins oppressif et que le problème de sous-effectif soit réglé. Auquel cas, les Français ne pourront pas bénéficier de soins corrects.

 

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